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Apport du radon et des isotopes du radium à la caractérisation des circulations souterraines en domaine karstique : application à l’aquifère du Lez (Hérault, France)

par cmarchand - publié le , mis à jour le

AVIS DE SOUTENANCE DE THESE - Arnold MOLINA PORRAS

La soutenance se tiendra le vendredi 24 Novembre 2017 à 14:00 dans la salle de conférence de l’IEM, bâtiment 40 de l’UM, 300 avenue E. Jeanbrau.

Mots clés : hydrogéochimie, radon, isotopes du radium, karst, aquifère

Le jury :

Luc AQUILINA, Professeur, Université de Rennes, rapporteur
Jordi GARCIA ORELLANA, Professeur, Université Autonome de Barcelone, rapporteur
Christelle BATIOT-GUILHE, MCF HDR, Université de Montpellier, examinatrice
Françoise ELBAZ-POULICHET, DR CNRS, Université de Montpellier, examinatrice
Ralph GARCIA VINDAS, Professeur, Université de Costa Rica, examinateur
Sophie RIHS, MCF, Université de Strasbourg, examinatrice
Michel CONDOMINES, Professeur Emérite, Université de Montpellier, examinateur
Jean Luc SEIDEL, CR CNRS HDR, Université de Montpellier, directeur de thèse

Résumé :

La compréhension des processus de recharge et de l’hydrodynamique des systèmes aquifères karstiques est indispensable pour
estimer la vulnérabilité et la disponibilité des réserves en eau souterraine. Afin d’améliorer cette compréhension, de nombreuses études
ont utilisé l’information issue du comportement de plusieurs éléments chimiques et des isotopes naturels dans les eaux souterraines.
Les quatre isotopes du radium (223Ra, 224Ra, 226Ra et 228Ra) et le radon (222Rn), tous radioactifs, sont de plus en plus utilisés.
Ces traceurs naturels permettent d’identifier l’origine des différentes masses d’eau et leurs processus de transport et de mélange dans
plusieurs types de systèmes aquifères. Cependant, leur application aux systèmes karstiques est principalement développée dans les
systèmes côtiers ou thermaux, dont les eaux sont riches en Ra. Très peu de travaux ont été menés dans les aquifères karstiques
continentaux, en raison de la faible activité de ces radionucléides, qui les rend difficiles à quantifier. La première partie de ce travail a donc consisté au développement d’un nouveau dispositif de prélèvement capable de concentrer in-situ le radium contenu dans plusieurs dizaines de litres d’eau (20-300 L) et d’améliorer la mesure des activités par spectrométrie gamma. Grâce à cette méthode, nous avons été
capables de mesurer, pour la première fois, les faibles activités des quatre isotopes de Ra dans les eaux de deux hydrosystèmes karstiques continentaux Méditerranéens, les systèmes du Haut Vidourle et du Lez (Sud de la France). La méthode de quantification de 222Rn a également été optimisée. L’étude du comportement des isotopes de Ra et de Rn dans la zone d’étude a mis en évidence les diverses applications avérées ou potentielles de la mesure de ces radionucléides dans les aquifères karstiques. En général, les valeurs des activités de 226Ra et du rapport (228Ra/226Ra) des eaux sont cohérentes avec le type de lithologie dans lesquelles elles circulent ou sont stockées. Nous avons pu ainsi mieux préciser l’influence des eaux du Vidourle à la recharge allogénique de l’aquifère de Sauve. Nous avons montré que parfois, les activités des isotopes de Ra correspondent plus à des valeurs typiques des différents compartiments aquifères qu’à celles de la roche encaissante. Ces résultats
nous ont permis de déterminer les proportions de mélange des trois différents pôles géochimiques composant le flux d’eau qui s’écoule
à la source du Lez suivant les conditions hydrodynamiques. Les isotopes à longue période (226Ra et 228Ra), combinés aux isotopes à
courte période (224Ra et 223Ra), permettent potentiellement de déterminer, en même temps, les taux de mélange et le temps de transfert
des eaux. De plus, l’excès des isotopes à courte période traduirait l’arrivée d’eaux souterraines en surface, 223Ra et 224Ra devenant de
meilleurs traceurs des échanges superficiels que 222Rn car ils ne subissent pas de processus de dégazage vers l’atmosphère. Par contre,
l’étude de l’évolution temporelle du radon à la source du Lez a mis en évidence que 222Rn est un très bon traceur des processus de recharge diffuse des aquifères karstiques. Les relations entre 223Ra et 222Rn, ainsi qu’entre 210Pb et 222Rn, peuvent fournir des informations sur le temps de transfert des eaux souterraines. Cependant, des études complémentaires et à plus long terme sont nécessaires.